RENARD R-31
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Schéma de réglage de la cellule Alfred Renard, au cours de l'année 1931,
dessina le monoplan à aile haute R-31. Plusieurs études furent établies avant d'en arriver au biplace
d'observation utilisé par l'Aviation militaire belge. Les compte-rendus relatifs aux différents projets ayant été
reproduits dans la presse de l'époque, on y retrouve diverses valeurs quant
aux dimensions et performances de l'appareil. L'appellation du «tout premier» dessin était «Renard R.R.»
(Rolls-Royce); un second projet voyait la même cellule équipée d'un moteur
Renard type 100 en étoile. La désignation était «Renard RR d'observation
transformé en avion de travail». C'était une version économique agencée en
avion-école et destinée à la formation des pilotes. Une troisième étude fut le R-31 à moteur Gnome et Rhône K-14
de 825 CV (1) à structure
métallique et à revêtement en bois mais aucun de ces trois projets ne fut mis en chantier. Le train d'atterrissage du Renard R-31, dans
sa forme définitive, était sans essieu (barre transversale classique) comme
pour le Renard «Epervier». Toute l'ossature du fuselage reposait sur un cadre
principal formant la clé de voûte de la structure. Ce fut le pilote Charles Rooms qui eut en charge la
réalisation des essais. En mars 1934, la firme Renard reçut une première commande de
28 avions qui furent construits à la SABCA et aux ateliers de Renard
Constructions Aéronautiques. Un total de 34 appareils ont été fabriqués. Le code adopté par l'Aviation militaire fut la lettre N et les
numéros de fabrication précédés du nombre «250», s'échelonnèrent de «25001» à
«25034». Le R-31 équipa les escadrilles d'observation de Bierset
(Liège) -la ge escadrille du 5e groupe du 1er
régiment d'Aéronautique (les Sioux du cercle bleu) et la Il e escadrille du 6' groupe du 1er
régiment d'Aéronautique (les Sioux du cercle rouge) - et resta en opération
jusqu'à la fin de la «Campagne des 18 jours». Jean Delaet, dans son livre «Dernières escadrilles 40» rapporte
que la première mission de renseignement du 10 mai fut effectuée par le s/lt.
Duchesne et le It. Fontaine à bord du Renard R-31 N.19 (voir en annexe 21e
journal de marche des escadrilles de Liège). Le Renard R - 31, principalement destiné à la reconnaissance
de corps d'armée, était muni des installations radio et photographique. Son
armement se composait d'une mitrailleuse avant de capot (côté
droit) et d'une mitrailleuse de tourelle à la place arrière.
L'arrière était entoilé et ce recouvrement
était cousu sur un baguettage latéral marouflé sur toute sa longueur. Sous le fuselage, la toile était lacée au
moyen de crochets afin de permettre un accès facile à la commande rigide de
profondeur. Des panneaux en rhodoïd permettaient de
voir le sol. Le réglage du siège du pilote lui donnait la possibilité de voir
soit en-dessous soit au-dessus de l'aile. Toutes les commandes étaient à la disposition de
l'observateur dont le siège, dépourvu de dossier, pouvait basculer pour lui
permettre, en position de combat, de se tenir debout ou de prendre appui sur
les marchepieds situés à l'intérieur de son habitacle. RENARD R-31 à moteur LORRAINE «PETREL»
C'est ainsi que le R-31 n° 2 fut essayé muni d'un moteur Lorraine «Pétrel» 500 cv à compresseur (650 cv à 4.500 m). Le moteur Lorraine posa de sérieux problèmes
en altitude et, après investigations, il fut découvert que le givrage était à
l'origine de ces ennuis. Des modifications furent immédiatement apportées de
façon à réchauffer l'air avant le carburateur mais, suite à cette
disposition, le moteur chauffa anormalement. Il fut alors décidé d'insérer une nourrice
supplémentaire dans le circuit afin d'augmenter le volume d'eau de
refroidissement. L'espace manquant entre le moteur et son carénage, la tôle
fut découpée pour laisser dépasser le petit réservoir à l'extérieur; ce
détail, bénin en apparence, fut la cause d'une mauvaise indication au cours
d'un vol de mise au point. En présence des ingénieurs français de la
maison Lorraine, le pilote Charles Rooms décolla le R-31 à circuit d'eau
modifié, et à la fin de la prestation fit un passage à basse altitude quand
il fut brusquement entouré de fumée. Le thermomètre d'eau cafouillait,
battant la breloque entre 0° et 100°. Charles Rooms revint atterrir et lorsque
Joseph Callebaut, le chef-monteur des Ateliers Renard, ouvrit le
capot-moteur, on constata avec effroi que le carter avait fondu, laissant
entrevoir par endroit l'embiellage et le vilebrequin. La prise de
température, située dans la petite nourrice sortant du capot et partiellement
refroidie par le courant d'air, donnait des indications erronées alors que le
moteur grillait. Le moteur Lorraine fut abandonné. |